Entretien : les tumultes d’un parisien stressé

On ne peut pas le nier : le jour de l’entretien, ce fameux D-Day où l’on doit être gonflé à bloc, frais comme la rosée du matin et fort comme un roc n’est parfois pas très facile à gérer … surtout pour un parisien !

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Car oui, comme tout le monde, il sera un peu nauséeux voire au fond du seau en ayant l’impression qu’il joue sa vie, ne sachant pas gérer la moiteur de ses petites mains, ne sachant pas non plus quel slip il devrait enfiler pour faire bonne impression.

Mais le parisien doit faire face à une multitude d’aléas parfois insoupçonnables pour les non-initiés à notre magnifique capitale pleine de charmes…

Le reveil sonne, il est 6h, entretien à 9h30.

On traîne un peu au lit : 6h08. Ça y est, c’est la fin des haricots, le compte à rebours s’est mis en route. Ça commence mal et ça laisse peu de temps pour se préparer alors on fait sauter le petit-déjeuner. On prendra une viennoiserie infecte vendue dans le métro, lieu aussi confortable que la chambre sous l’escalier d’Harry Potter, aussi propre qu’une salle des fêtes qui aurait subit les vomissements alcoolisés de rigolos un peu trop pompettes, et aussi odorante qu’une chaude fin d’après-midi à la déchetterie de Pouzioux la Jarrie.

Heureusement, l’entreprise où l’on passe l’entretien n’est pas loin : il suffit juste de prendre un bus pour descendre à la station de métro la plus proche puis prendre ce fameux métro, changer au bout de 15 arrêts, prendre une autre ligne pour 4 arrêts et finir à pied. 1h43mn porte à porte : le grand luxe.

Itinéraire calculé, vêtements repassés/ajustés/bien portés, cheveux bien coiffés, trois pschitts de parfum histoire de, et c’est parti, le périple peut démarrer.

On rentre dans le bus, on manque de se manger la barre dans la tête quand le chauffeur démarre avec douceur mais tout va bien. Première étape validée.

Le périple du métro

Arrivé au métro, on prend le DirectMatin pour se tenir informé des dernières actualités au cas où le recruteur voudrait nous piéger avec des questions un peu taquines sur le monde. On s’installe tranquillement à côté d’une vieille dame charmante, on ouvre le canard, on apprend que c’est l’anniversaire de Claude François aujourd’hui, puis on zappe directement sur l’horoscope. “ Travail : levez un peu le pied”. En effet, vous êtes en train de marcher sur celui de votre voisin d’en face qui manifeste son mécontentement en vous incendiant indirectement et avec qui s’accordent tous les aigris du wagon. De toute manière, c’est le moment de descendre pour changer de ligne. Vous vous excusez gentiment pour pouvoir atteindre la porte avant de vous prendre pour Chabal et faire une mêlée avec les derniers casse-pieds qui ne veulent pas vous laisser descendre. Première goutte de sueur.

9h04. Vous courez vers le quai pour changer de métro mais entre les relous qui marchent lentement comme s’ils se baladaient dans un champ de coquelicots et ceux qui seraient capables de tuer leur mère pour entrer en PREMIER dans le wagon, vous commencez réellement à être à bout.

Le métro est bondé, la chanson “Les sardines” de Patrick Sébastien prend tout son sens. Entre l’haleine fétide du mec qui se trouve à environ 2,4 cm de votre nez, et l’aisselle mouillée de votre voisine poilue qui commence à humidifier votre belle chemise, vous priez pour que cette odeur de jus d’humain ne s’imprègne pas sur vos cheveux afin de rester encore présentable.

Délivrance. Vous arrivez à la station et vous savez que vous n’êtes qu’à 250 mètres.

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Les derniers mètres

9h28. Mekhissi peut aller se rhabiller, vous piquez un sprint, percutez un vieux monsieur qui tentait de monter les escaliers et filez comme le vent.

9h31. “ Le directeur n’est pas encore arrivé, il devrait être là dans 15 minutes, vous pouvez patienter ici ”.

Vous avez les cheveux plaqués contre le front par la sueur, la chemise qui sort du pantalon, le coeur qui bat à 100 km/h mais vous possédez une hargne incontestable pour avoir LE job.

Si passer un entretien n’est pas toujours une partie de rigolade, sachez au moins que vous avez perdu 1727 calories et que la graisse du pain au chocolat que vous avez ingurgité en trois bouchées n’a pas été stockée. Mangez, bougez, postulez.

Anaïs Genin

 

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