La typique histoire d’un profil atypique

Souvent, vous entendrez lors d’un entretien qu’on dit d’un candidat « ohhh vous avez un parcours atypique, on apprécie vraiment ça dans notre entreprise ». Juste parce qu’en réalité il (elle) a  fait une école de commerce puis bifurqué vers une école de publicité qui coûtent à elles deux pour quatre années les yeux de la tête et pour lesquelles il a du vendre sa mère et son cochon d’Inde au pelage super rare qui déféquait des diamants en forme de coeur. Mais un profil atypique, c’est malheureusement quelqu’un qui ne plait pas encore beaucoup aux boîtes qui restent encore trop coincées du fessier avec des conventions qui sentent le vieux grenier. Nous allons donc vous raconter l’histoire de Benjamin, ce profil en or un peu boudé des recruteurs …

 

Benjamin est l’exemple-même du profil atypique (oui, un modèle d’atypisme c’est paradoxal mais arrêtez de pinailler), le genre de touche-à-tout qui n’arrive pas toujours à se trouver. Déjà petit, il a fait tous les clubs de sports : du judo au football en passant par le baseball, l’équitation, le basket et le rugby… Ni bon ni mauvais, en vérité il s’en fiche un peu à partir du moment où il change SOUVENT et qu’il découvre de nouvelles choses.

Et dans sa vie professionnelle, c’est un peu le même dessin : baccalauréat scientifique, 2 semaines en fac de physique, 4 mois de formation de charpentier, 10 mois chez les chasseurs-alpins à l’armée, agent de sécurité, employé polyvalent dans le BTP, vendeur de poterie, de piscine puis responsable adjoint d’une agence de sécurité. C’est du genre à se lever le matin et comme une envie de pisser, se dire « Eh ! Et si je devenais avocat ? » et le lendemain avec la nouvelle lubie de devenir « directeur de communication » ou « dompteur de serpent ». Son problème qui n’en est pas vraiment un, c’est qu’il est curieux, avec une soif de connaissance insatiable et un sentiment profond d’injustice comme quoi la vie est bien trop courte pour tout faire. Plus cultivé que Mac Lesggy, encore plus bavard que ma grand-mère après l’avoir enfermée trois jours seule dans un placard à balais et  plus motivé qu’une fan de Miley Cyrus en plein concert, il représente pourtant les qualités essentielles chez un candidat.

 

Mais son parcours en dent de scie ne montre malheureusement qu’un CV hétéroclite et sans diplôme qui font penser que Benjamin est un pantouflard indécis et ininteressé. Sans prendre en compte sa personnalité qui fait pourtant de lui un candidat en or, les recruteurs mettent donc son CV à la corbeille sans prendre le temps de connaître Benjamin et ses 1001 idées truffées de bon sens et d’intelligence, et donc laissant glisser sans regret cette perle si rare désireuse de trouver simplement une entreprise qui lui correspond et qui pourrait exploiter son potentiel dans son entièreté.


Alors oui, avant la profession était héréditaire un peu comme les yeux bleus ou les hémorroïdes, si papa était boulanger, l’enfant naissait avec un sachet de farine dans les bras et sa vie était toute tracée. Mais c’est un temps révolu et il est normal de prendre parfois le temps de trouver sa voie. Et cette avidité de connaissances est justement un point clé de l’épanouissement professionnel. Benjamin est donc ce genre de personnalité qui ne se repère pas à la vue du seul CV…

Commentaires 8

  1. Certes...un problème bien connu et bien vécu depuis 30 ans en ce qui me concerne, mais j'ai trouvé ma solution que je partage. J'ai presque toujours travaillé pour de grands groupes ou le métier ne recouvrait que très partiellement mes aspirations diverses et variées. J'ai fini par arrêter de demander à l'entreprise, quelle qu'elle soit, de répondre à toutes mes aspirations, après tout elle n'est pas faite pour ça. Je complète: j'ai créé une association sur la thématique sociale qui m'intéresse sachant que cette dimension est inexistante dans mon métier (même si elle devrait être centrale...), et j'ai une activité artistique (je monte sur scène...) qui répond à mon besoin de créativité. Evidemment mes journées sont longues....mais tellement plus riches. D'ailleurs mon employeur commence a réaliser que le "profil atypique" que je suis peut représenter un intérêt pour son entreprise...Ne désespérons pas, les entreprises évoluent même si les odeurs de grenier sont encore présentes par endroit.
  2. Cerveau droit ou gauche, couteau-suisse, zèbre, HQI ou multipotentialiste appelez nous comme vous le souhaiterez…
    Je suis prête à porter un CV atypique. Et oui, il y a aura peut-être beaucoup d’entreprises qui mettront mon CV à la poubelle, mais je ne veux pas travailler pour elles.
    Il faut être en adéquation avec « la culture de travail » d’une entreprise. Comme pour un couple chaque couvercle à son pot.
    Si un recruteur retient mon CV, j’ose espérer trouver une entreprise avec une ouverture d’esprit et une autre vision du management.
    Et tout le monde y gagnera.
    En attendant, je serais intéressée d’avoir des conseils pour réaliser et valoriser ce type de parcours, de profil dans un CV.
    Scarlett
  3. Effectivement, il faudra qu'un jour les recruteurs cessent d'embaucher des candidats pour un poste qu'ils ont déjà occupé (et qui par définition n’intéresse finalement que ceux qui souhaitent gentiment glandouiller toujours à la même place), et qu'il commencent à embaucher des candidats parce que leurs compétences sont celles nécessaires pour faire le job.

    Bref, on est pas sortit de l'auberge. ;-)
  4. Enfin un peu de bon sens!
    Ayant dû travailler tôt pour payer mes études et mes dilomes je me suis retrouver avec des expériences professionelles importantes et non dirrigées vers mon ojectif de vie ultime, vous savez celui qu'on a a 14 ans en sortant de son cours de mathématiques...

    J'ai envoyé plus de 150 CV en France, pas de réponse ou presque et 3 entretiens pour des postes très en dessous de mes capacités (et je demandais pas énormément), 10 CV envoyé en Angleterre, tous avec des réponses et 3 entretients, un CDI a la clé. Pas mal pour un mec dont l'anglais n'est que sa deuxieme langue sur 3 (pas assez en France???) et avec une Licence Pro en commerce du vin. Sans compté que je suis pas a SMIC, vu qu'en France c'est SMIC ou rien....

    Je me suis barré bien content et quand je regrde en arriere j'ai pas du tout envie de revenir vu que les choses ne font qu'empirer...
  5. Bonjour Ariane,

    Merci à vous pour votre commentaire ainsi que votre intérêt pour Monkey tie et sa mission de mettre du bon sens dans le recrutement :)
  6. Hé ouais,
    Etre un serial enthousiastic ideas revealer est nécessairement un mauvais employé, que demande t 'on à un salarié en France:
    1/ de faire ( ne pas sortir de son titre et des rôles assignés par celui-ci)
    2/ mais surtout de ne pas être ( créatif, sortant du cadre, voire ...grande gueule ?)

    Merci à Monkey Tie d'être le premier acteur de ce changement, le recrutement doit évoluer indeed mais pas que ( et j'ai très envie d'évoquer L'Ouroboros , l'absurdité du paradoxe du serpent qui se mord la queue symbolisant un cycle d'évolution refermé sur lui-même.)les mentalités des managers est aussi un vaste chantier......

    J'ai découvert un excellent petit ouvrage pour les passionnés de tout, il défend la thèse (sujet controversé par les scientifiques) du " cerveau droit" ( évoquant l'expression du raisonnement global, intuitif et simultané, de la, forte capacité de raisonnement et de résolution des problèmes le tout à rapidité fulgurante) quoi qu'il en soit ce sont ces gens-là qu'ils faut révéler (à eux-même) et promouvoir en entreprise !

    Béatrice Millêtre " Petit guide à l'usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués "

    Merci Anaïs pour votre plume vive et pertinente voire très très drôle !
  7. Bonjour Cécilia,
    Le monde du recrutement est en train d'évoluer, malheureusement ça prend encore beaucoup de temps. Mais c'est justement pour des personnalités comme la votre que nous croyons en notre projet chez Monkey tie.
    Continuez à jouir de la vie comme vous le faîtes, je pense que vous avez déjà trouvé la clé du bonheur, celle qui fait que vous êtes heureuse de vivre tout simplement :)
  8. merci pour cet article car je suis ce profil là :o)

    C'est drôle de voir qu'il y a 25 ans je voulais être une assistante "volante" et quant je le proposais on me regardait comme si j'étais à l'Ouest ou pire ... et maintenant cela existe !!!
    Aujourd'hui j'ai 50 ans et suis sur le marché du travail ... les recruteurs cherchent toujours les memes profils pour les mêmes postes, tout est tellement sclérosé !!! alors on continu (jusqu'à la crise cardiaque ?!)
    alors je me pose et je réfléchi en me disant qu'un jour ça va se décanter (ou pas).
    en attendant, j'apprends, je construis, je rêve, j'écris, je chante, je dis merci à la vie pour ce temps libre qui m'est donné pour m'épanouir et rebondir ...

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